La réaction de David Jemmali rapportée dans l'interview qu'il a accordé à Sud-Ouest (édition d'aujourd'hui) semble démesurée et déplacée compte tenu de l'issue de la finale. La victoire a été acquise au terme de plusieurs rencontres, et le défenseur bordelais a mis sa pierre à l'édifice pendant les matchs de qualification.
"Je suis dégoûté. Je n'ai pas 20 mais 32 ans. C'était une finale et j'estime que j'avais tous les droits de la disputer. Le matin du match, juste après le petit déjeuner, le coach m'a demandé comment j'allais. Je lui ai répété trois fois que j'avais récupéré complètement de mon déplacement aux Seychelles avec l'équipe nationale de Tunisie et qu'il n'y avait aucun souci. Je suis rentré le dimanche à Tunis et le lundi, j'étais à Bordeaux. J'ai eu cinq jours, même six pour récupérer, je me sentais bien. Il m'a dit qu'il préférait maintenir Wendel à gauche et que c'était entre Franck (NDLR : Jurietti) et moi. Mais comme Franck avait plus de fraîcheur en étant resté ici, il pensait l'aligner. Toutefois, son choix n'était pas encore définitif. Je n'ai pas trop fait attention. Et quand, trois heures avant le coup d'envoi, je n'ai pas vu mon nom, je me suis senti frustré. Et je le suis encore... On me demande comme je vais, je réponds avec honnêteté et j'ai l'impression qu'on a décidé à ma place que j'étais fatigué. Désolé, mais on ne me prend pas pour un gamin à 32 ans. J'ai le sentiment d'avoir été pris pour un con... J'ai retourné le problème dans tous les sens, je ne sais même plus quoi penser. Qui a tort, qui a raison ? Après, on a gagné. Je suis content pour mes collègues. Lorsque l'arbitre a sifflé la fin, je suis juste allé faire un bisou à Henrique car j'étais content que ce soit lui qui offre la victoire après quatre mois passés à la cave. Ensuite Jo a essayé de me prendre par le cou pour partir saluer les supporteurs et monter chercher la coupe. Là , je lui ai dit : « Malgré tout le respect que j'ai pour toi, laisse-moi tranquille », et je suis rentré au vestiaire. Je n'avais pas envie d'aller brandir la coupe, de passer la soirée en boîte. J'étais content pour mes partenaires, les supporteurs et basta, c'est tout. Mon seul souci était de repartir vite pour Bordeaux afin de rejoindre ma petite fille. Et ça m'a fait un bien fou d'arriver à la maison et de la serrer dans mes bras", commentait-il.
On peut s'étonner d'une telle réaction. Etre sur le banc fait partie de la règle du jeu et il est impensable de tenir rigueur à un entraineur d'un tel choix quand le titre est acquis. L'amertume du bordelais est compréhensible mais de là à en faire un drame. David Jemmali prouve peut-être qu'après dix ans passés aux club, il n'a plus le détachement suffisant face à une telle situation.
Son avenir ne semble pas très clair mais cet épisode a probablement conforté l'international tunisien dans son son souhait de partir sous d'autres horizon. De son aveu, les propositions ne manquent pas. En tout cas, Bordeaux peut le remercier dès à présent d'une telle fidélité si rare, puisque selon son entourage son avenir semble un peu proche de la sortie.