Avec les nombreuses blessures et les départs non remplacés, l'entraineur bordelais est aujourd'hui un peu désabusé. Il faisait d'ailleurs le même constat que de nombreux observateurs ont également fait. "Malheureusement, je ne peux pas en tirer de grands enseignements. Ils se limitent à la première mi-temps, où nous avons ressenti la charge de travail de ces derniers jours. Libourne était sans doute dans la même situation et s'en est mieux sorti. Sur la production du jeu, nous nous sommes montrés moins à l'aise que face à Marseille et nous avons commis trop d'erreurs. Je peux mettre ceci sur le compte de la fatigue. En revanche, que dire de notre deuxième mi-temps ? Je n'alignais que les « petits ». Des jeunes de la CFA ou du centre de formation qui, pour certains, n'avaient repris que depuis 48 heures. Lancer des jeunes dans le bain professionnel dans ces conditions, ça ne peut que me navrer, c'est aberrant pour un éducateur. Personne n'aime prendre ce genre de décision. Mais je ne pouvais pas faire autrement. Alors j'aimerais bien me livrer à une analyse profonde de ce match avec vous mais ce n'est pas possible... Quand je discute avec Didier Tholot (NDLR : l'entraîneur de Libourne Saint-Seurin), je m'aperçois qu'il dispose de moyens modestes mais qu'il a d'ores-et-déjà son groupe. De notre côté, le travail qu'on effectue depuis la reprise de l'entraînement ne bénéficie qu'à une dizaine des joueurs qui seront appelés à figurer dans le groupe pro. Ceux-là travaillent bien physiquement. On a pu le constater ce soir durant la rencontre. Mais pour préparer efficacement un groupe pro, encore faut-il qu'il soit défini".
Laurent Blanc se montrait direct et adressait un message à ses dirigeants. "Je suis agacé. Oui, ça m'agace et je reste poli. Quand vous êtes ric-rac question effectif, vous ne pouvez plus compenser les blessures. Avec un groupe au complet, vous pouvez toujours vous en sortir. Maintenant, j'attends des joueurs. Je suis venu ici avec des ambitions et Bordeaux a les mêmes que les miennes, ou alors si ce n'est pas le cas, il faut me le dire. J'avais dit que j'avais besoin de trois joueurs. Depuis on en a perdu deux. Ça fait combien, trois plus deux ? La priorité des priorités reste un défenseur central. J'aligne des charnières inédites avec des joueurs qui manquent d'expérience à ce poste qui en nécessite tant. Dire cela n'est pas manqué de respect aux intéressés, je n'incrimine surtout pas ceux qui ont joué. Par ailleurs, même si je n'aime pas parler des joueurs qui ont quitté le club, il reste que nous avons perdu Faubert et Mavuba, c'est une réalité. À moins que je ne me trompe, personne n'est venu remplacer Mavuba à ce jour. Bordeaux a perdu du monde au mercato, il me faut cinq joueurs. Pour le moment, on travaille pour un groupe réduit au tiers".