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  2. A l'âge d'un an et demi, Jean Swiatek quittait sa Pologne natale avec sa famille. Si son père rejoignait nombre de compatriotes au fond des mines, le jeune Jean ne pensait qu'au football, oubliant souvent le chemin de l'école préférant aller taper dans le cuir. "Mon père ne voulait pas que je fasse du fooball. Alors c'est mon cousin qui a signé le papier. J'en ai fait de même pour lui. Lorsque mon père s'en est aperçu il a pris une colère mémorable", reconnaissait-il une fois sa retraite du football passée.

    Finalement, sans l'accord de ses parents, il poursuivit dans cette voie. A quinze ans il évoluait déjà en division d'honneur avant de rejoindre la sélection Junior de Lorraine. Manifestement, le jeune joueur était doué.

    La seconde guerre mondiale mis fin provisoirement à tous se rêves. La service du travail obligatoire le conduisit en Allemagne. A force de détermination Jean Swiatek s'évadait et gagnait Bordeaux le 19 mai 1943. Sans attendre, il intégrait l'équipe amateur des girondins, l'AS du Port. Sa première saison fut couronnée de succès, remportant le titre de Champion de France amateurs grâce à une victoire en finale 2-1 face au Havre. A la libération, les nombreuses absences dans le groupe professionnel des Girondins, le conduisent à l'équipe première. Mais si Bordeaux parvient à se sauver en 1945, l'année suivante étai synonyme de relégation. Le purgatoire est de courte durée, puisque en 1948-49 Bordeaux retrouve l'élite. Ces années correspondent aussi aux premières sélections en Equipe de France de Jean Swiatek (1945).

    Les Girondins retrouvent très vite une belle santé et Swiatek participe au titre de 1950 avec six points d'avance sur Lille. Le, désormais, capitaine de l'équipe connait l'année suivante une finale en Coupe Latine face à Benfica. Ce jour là, Bordeaux passait à un doigt de l'exploit menant 3-2 jusqu'à la dernière minute de la rencontre. "La rencontre se déroulait au Stadium Nacional de Lisbonne, racontait-il. Contre une équipe considérée comme la meilleure de son époque, nous menions 3-2, à une minute de la fin. Doye était chargé de tirer un corner en notre faveur. De mon poste de numéro 5, je lui crie : Doye, Doye mets la balle dehors !, pour gagner du temps. J'avais déjà fait un tour d'horizon pour regarder par où je devais passer pour recevoir la coupe. C'est vous dire si c'était dans la poche. Doye m'a-t-il entendu ou pas ? Je ne sais pas. Il tire le corner normalement, les portugais prennent la balle, contre-attaquent et marquent à la dernière seconde ! On a joué toute la prolongation, mais le coeur n'y était plus... Nous avons perdu 4-3. Et ce fut une énorme déception". (En réalité la rencontre s'est terminée sur le score de 3-3. Elle fut rejouée une semaine plus tard et Bordeaux s'inclinait 2-1 à l'issue des prolongations et de la mort subite).

    Mais après cela, Bordeaux s'est affirmé encore comme l'une des meilleures équipes du championnat mais s'inclinant à deux reprises face à Nice en 1952. Se contentant de la seconde place du championnat, Bordeaux était battu en finale de la Coupe par les azuréens (5-3). Ce fut probablement l'un des meilleures saisons de Jean Swiatek. Ce sera aussi sa dernière en temps que joueur professionnel.

    Ensuite entre Brive et St Jean-D'Angely, il restera dans le monde du football, entraineur-joueur puis entraineur. Puis à partir de 1959, il se consacrera à son magasin rue de Grassi à Bordeaux...

 

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